Son auteur Frank Berzieri l’annonce comme “Le guide pratique pour trouver un job”.
Un argument a suffi à me convaincre à le lire : le “réseau”, c’est 70% des embauches, contre 30% pour les annonces “officielles”. Bonne accroche pour ce petit ouvrage sans prétention. Je dois dire que je voulais découvrir la pratique du réseau dans la réalité, au-delà des couvertures à sensations des magazines. Ce qui suit est ma fiche de lecture, partie par partie, ponctué au final par la question cruciale “Dois-je lire ce livre?”

Partie 1 : Qu’est-ce qu’un réseau ?
Les clichés ont la peau dure. On prête au “réseau” des relents de lobby, de club privé, et au mieux, c’est un truc de “patrons bourgeois de la ville”. Erreur ! Le réseau n’exige ni classe sociale, ni argent, ni âge minimum. Juste de l’enthousiasme, “qualité indispensable” souligne l’auteur. Autre mythe : le réseau serait en fait un moyen de pistonner les amis, ou de se rendre des “petits services”. Rien de tout cela.
Le réseau est avant tout un puissant levier de carrières, “aussi simple qu’aligner 3 blocs d’un jeu de mécano”. Et pour ceux qui ne cherchent pas de nouveau patron, un bon réseau permet de joindre n’importe qui en moins de 3 coups de fil. Enfin, beaucoup l’utilisent au jour le jour comme une source d’informations de première main.
Partie 2 : Pourquoi le réseau a-t-il tant de succès ?
Où l’on apprend ce qui fait bouger les réseauteurs. Le projet professionnel du réseauteur est sans doute la pierre angulaire de ce qui ressemble à une action commerciale. Cela peut-être changer de métier, ou donner un léger boost à la carrière.
Le réseauteur sait qu’il existe une réserve invisible d’emplois potentiels, qui n’attend que ses explorateurs. On parle d’emploi potentiel car, à la différence des petites annonces classiques, le réseauteur doit plonger et dénicher les besoins non formels de l’entreprise, besoins que le patron n’a souvent pas identifié lui-même. Certes, la concurrence est moins rude dans cette exploration, car il s’agit de faire coïncider son propre projet avec un besoin de l’entreprise. Entretien après recommandation, notre réseauteur suit le fil d’Ariane qui le mènera devant le futur employeur. Ce dernier n’a parfois qu’une idée floue de ce qu’il veut : pas de besoin précis, pas de candidat idéal. C’est donc à la manière d’un commercial qu’il lui vend son projet, et que l’entretien d’embauche accouchera d’un nouveau poste.
Et oui, tout ça pour un entretien d’embauche qu’on pourrait trouver dans les petites annonces ! Mais avec 2 fois plus d’emplois que les petites annonces, cela vaut peut-être la peine ? A vous de décider si vous êtes faits pour “réseau-ter”.
Partie 3 : Voulez-vous réseau’ter ?
Pour ceux qui demandent encore à être convaincus, voici 4 arguments cruciaux qu’avance l’auteur :
- le réseau est le plus court chemin vers la prochaine embauche.
- indispensable pour qui chercher juste à valider son projet professionnel
- à un certain âge, c’est même la seule option
- réseauter est amusant, pour ceux qui aiment augmenter leur capital social
Partie 4 : Comment construire son réseau ?
On entre (enfin) dans le coeur du sujet de Vos relations = Votre emploi
Les néophytes apprendront à mettre à jour leur réseau en 3 étapes :
- identifier ses tribus : anciens éléves, clubs de sport, syndicat, amis, fournisseurs, taxi, pharmacien;
- collecter les adresses, sans aucune espèce de filtre;
- affecter un rôle à chaque adresse : soutien, avis, recommandations, info.
Vient ensuite le moment d’activer son réseau en réseau de recherche. D’où la prochaine partie…
Partie 5 : Comment préparer sa campagne réseau ?
L’auteur nous livre ici sa recette de la campagne réseau moderne.
Pour une bonne campagne réseau, prévoir 40 à 50 noms. Il s’agit d’abord d’identifier les “agents” les plus aptes à servir votre objectif. Puis répartir les équipes : maillots roses pour le moral et maillots bleus pour l’action. Et pas de précipitation dans la préparation, ne pas confondre rendez-vous de réseau avec entretien d’embauche.
Autres étapes :
- Dire ses objectifs. Ils se chiffrent en recommandations et/ou rendez-vous
- Affutez ses outils. Planning. tableau de bord, fiches d’intervention, d’entreprise, de secteur
- Mise en condition. Pour une remise en forme rapide, le dernier chapitre se termine par un rappel général des règles sur le look, la voix, l’attitude et même le CV.
Partie 6 : Comment s’entraîner aux techniques de communication ?
Dans cet entrainement, vous apprendrez à dompter une arme redoutable, le téléphone :
- - maîtriser sa peur et oser franchir le cap
- - tout tient dans les 2 premières phrases. réussir son accroche
- - barrière de l’assistante
- - décrocher un rendez-vous
Puis vient un rappel sur l’essentiel du savoir-faire de l’entretien
- s’habiller, parler, s’asseoir
- réserver le CV pour la fin
Faire ses devoirs après l’entretien : bilan, relance et suivi sont indispensables
Partie 7 : Comment sortir d’une panne réseau ?
- la reconnaître : surveiller le nombre de rendez-vous par semaine
- la traiter : s’il est trop bas, se remotiver avec un de ses maillots roses
- la dépasser : revalider son projet (objectifs, planning)
Partie 8 : Mon dernier entretien réseau ?
Le dernier entretien, c’est celui de l’embauche, bien sûr ! On oublie souvent de savoir négocier son départ, négocier son arrivée, ce que nous rappelle l’auteur.
La réussite de cette méthode tient dans le gagnant-gagnant. Et peu importe votre maillot (rose ou bleu), il est temps de donner à mon tour !
Devez-vous lire ce livre ?
Je conseillerais Vos relations = Votre emploi
aux amateurs du réseau-tage qui ne savent pas où et comment débuter. On explore un sujet inconnu, peu abordé. Heureusement pour nous, l’auteur ne s’embourbe pas dans la théorie, ou le jargon. Pour preuve, les nombreux quiz et exercices éparpillés à travers les chapitres, pour vérifier qu’on a compris par des mises en situation.
Ce livre est évidemment indiqué si vous êtes en recherche active d’emploi. Surtout si vous vous sentez bloqué dans le système classique. Cette voie parallèle peut vous offrir de réelles alternatives. Ne prenez pas cela pour argent comptant : testez dans la mesure de votre temps libre, n’abandonnez pas pour autant le système classique.
Enfin, avec un tel niveau de synthèse, ceux qui connaissent déjà le domaine pourront se sentir blasé. Ce livre laissera sur leur faim pas mal d’habitués du “réseautage”. Ils pourront tout de même se rafraîchir la mémoire et faire le point sur de nouvelles pratiques.