“Entrée gratuite, sortie payante”. C’est un peu le sort des amateurs de centres commerciaux. La victime innocente a pensé bien faire en voulant remplacer l’ampoule grillée. Et là, c’est le drame : notre victime sort les mains pleines et le ticket lourd. Les “temples de la consommation” ne sont organisés que sur une seule et même idée : vous vider de votre épargne jusqu’au dernier centime. Et grâce aux services financiers, on peut même s’endetter sur place et acheter sans en avoir les moyens.
Voici la liste des 15 pièges qu’il faut absolument connaître pour espérer sauver votre porte-monnaie.
- Les Caddie ™. Ces chariots à roues soulagent nos petits bras, offrent une place assise au petit, et nous laissent libres de nos mouvements. Sauf qu’ils facilitent les dérapages et accélèrent les caprices de toute la famille. Les petits articles s’entassent très vite (un de plus, un de moins…)
- Les rayons importants sont loin de l’entrée. Les produits de première nécessité, ceux du quotidien, sont systématiquement relégués dans un coin au fond ou de l’autre côté. Qui a déjà vu du pain à l’entrée, ou de la lessive à moins de 10 pas ? Il faut donc se frayer un chemin à travers des dizaines d’offres, au marketing efficace, avec le risque de succomber au superflu.
- Les jouets sont très très loin de l’entrée. Si votre chérubin se tortille dès l’entrée en criant “Ballon, ballon!”, c’est qu’il veut passer au rayon des jouets. Au final, vous savez qu’avant de passer à la caisse, on retournera voir les ballons en plein milieu du magasin… avec les autres parents.
- Achats impulsifs à la caisse. Vous croyez en avoir fini une fois ralliées les caisses ? Erreur. C’est ce sentiment d’avoir réussi qui vous rend plus fragile et réceptif. La soif aidant, vous êtes mûr pour quelques boissons. Vous avez des enfants, nous avons les sucreries, par dizaines. Trop d’attente ? Voici des revues télé (la télé, cet autre trou noir) ou des DVD. Cette offre est parfaitement adaptée à ce point de passage obligatoire.
- Le plus cher est devant vos yeux. Pour bien vendre un produit, les grandes surfaces le placent à portée de main et au niveau des yeux. De cette manière, il s’en vend plus et plus vite, malgré un prix plus cher. Explication : le client préfère la facilité et le confort à la gymnastique. Inversement, les meilleures affaires sont à vos pieds, il suffit de se baisser au bas des rayons.
- Les articles non-soldés sont parfois présentés comme des articles soldés (sans afficher un “solde” ou “promotion”). C’est le cas de couches pour bébé dans un centre commercial voisin. Tous les “codes” du produit soldé sont là : bien visible en allée centrale, vente par lots, “offre spéciale”, énorme affiche avec le prix, sauf que… Sauf que c’est le même prix que la semaine dernière ! Sans surprise, ces opérations de quasi vente forcée mettent en scène les produits de grande marque.
- Les produits de grande consommation sont entourés par des articles plus occasionnels. Il n’est pas rare de trouver les chaussettes prises en tenaille par les tshirts et les jeans. Ou bien les DVD vierges entourés par graveurs et disques durs. Pourquoi donc ? C’est le principe de la vente croisée : on vous propose un meilleur article pour aller avec votre consommable. Ou une cravate qui ira mieux avec la chemise que vous étiez venu chercher.
- Les articles brillants sont mis en valeur par des articles basiques. Faites le test avec les chips. Les marques les plus belles, au plastique chromé aux couleurs fortes, sont généralement les plus chères. Pour bien les faire ressortir, on les alterne avec les chips basiques, plastique terne et couleur de patate. Cette mise en avant fonctionne pour beaucoup d’autres produits. Mais encore une fois, les meilleurs prix sont à vos pieds.
- Stop, stop et stop. A chaque arrêt de parcours, c’est un risque un peu plus grand d’alourdir votre ticket. Bouchons dans un rayon, Escalators, animation sans oublier les essais gratuits. Parfois, ces arrêts sont facilités par les grandes surfaces, par des rayons plus étroits.
- Les produits de base sont placés en milieu de rayon, alors que les produits non-essentiels sont proches des entrées de rayon. Vous l’aurez compris : pour arriver au nécessaire, il faut passer par le superflu, et 2 fois (une fois pour entrer, une autre pour en sortir). C’est 2 occasions de plus pour ces produits de se faire remarquer dans leur bel emballage, et de trouver leur chemin vers votre panier.
- Le système de prix rend difficiles les comparaisons. Au lieu de vendre les 500ml de détergent à 2.5 euros et les 1000ml à 4 euros (pour mieux repérer le meilleur prix), on voit des prix bizarres et compliqués. On trouvera les 500ml à 2,99 euros et les 1000ml à 3,49 euros. “Bah, 2 c’est la moitié de 4, en gros c’est le même prix, non ?” Et non. Le piège vient de se refermer.
- Les montagnes d’articles en pagaille ne sont pas toujours une promotion. Les grandes surfaces classiques ont un truc, inspiré de leurs concurrents “discount”. Ils prennent un stock de rasoirs, et le place en vrac bien en vue. Ce look “magasin discount” ne doit pas cacher un prix, lui, rarement “discount”.
- Les produits les plus chers prennent un aspect prestigieux. Que faut-il pour faire avaler la pilule du prix au client ? Peu de choses, semble-t-il. Placer un peigne dans un écrin en verre bien spacieux, et voici un article alléchant, qu’on croirait exceptionnel entre tous. Ce clinquant peut être aussi fatal aux clients que le feu brûle les ailes du papillon. La marge comprend donc une grande part de psychologie et de marketing, plus que la valeur de l’objet lui-même.
- Le secteur le plus profitable est habituellement le premier à l’entrée. Quoi de mieux pour vous accueillir que les écrans plasmas, les ordinateurs portables, les téléphones portables, etc. Le client rêve la poche pleine, il a encore les moyens de ses tentations, c’est le moment d’amasser la mise. Les grands groupes comme Carrefour, Auchan, Leclerc, et leurs concurrents parient sur le passage continuel et obligatoire à ces rayons.
- Les toilettes et services clients sont aussi placés très loin ou très près de la sortie. Dans ces 2 cas, toute urgence vous obligera à traverser tous les rayons 2 fois avant d’y arriver, augmentant encore le risque d’achat impulsif.
Rester libre : comment répondre à la stratégie marketing ?
Marre d’acheter alors qu’on n’a pas besoin, se faire gruger les vraies bonnes affaires ? Voici les règles d’or pour garder un budget positif et une relation saine avec les grandes surfaces.
- Bannir les chariots à roulettes. Se limiter physiquement, c’est refuser dès l’entrée de tomber dans le superflu.
- Faire sa liste de courses avant d’entrer. La résistance commence chez soi, en écrivant noir sur blanc ce qu’on attend du périple.
- Ne regarder que les prix au kilo, et le volume recherché. C’est le seul vrai indicateur. A qualité égale, peu importe la marque, comparer ce qui est comparable (prix au litre, prix à l’unité, prix au kg)
- Commencer par le fond du magasin. Prendre le contre-pied des marchands en fonçant tout de suite au fond du magasin, vers les produits essentiels et quotidiens. Puis revenir, rayon par rayon, jusqu’à l’entrée, puis la caisse.
- Regarder d’abord au bas des rayons. Les meilleurs prix sont à vos pieds. Le premier réflexe doit être de se fournir au bas des rayons.
- Pas de pauses inutiles, continuer à marcher. Chaque pause est une tentation de remplir le panier. En gardant les yeux sur la liste des courses, vous minimiserez les pauses.
- Marcher dans le même sens, pas de demi-tour. Le demi-tour donne une seconde chance aux jolis produits dont vous n’avez pas besoin.
- Calculette pour trouver le vrai prix. Ne vous tordez pas le cerveau. Quand vous séchez, sortez la calculette.
- Dans le doute, n’achetez pas.
- A la caisse, scannez votre panier et abandonnez les articles superflus
(via TheSimpleDollar)






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thibault responded on 27 avr 2007 at 1:52 #
Excellent article !
Dans le même genre, les grandes surfaces réalisent des statistiques sur les habitudes d’achats des gens. Ils récupèrent votre identité lorsque vous payez par CB. Et Lorsque vous payez en liquide, il vous repèrent encore grâce à la carte de fidelité. Malin, non ?
A partir de ces mesures, ils dégagent des corrélations étranges. Par exemple, les gens qui achètent du caviar achètent généralement du champagne. Normal. Mais les gens qui achètent de la bière achètent également des couches, surtout le samedi soir. Bizarre, non ?
La prochaine fois que vous verrez deux produits complètments différents en promotion côte à côte, vous pourrez vous amuser à trouver en quoi ils peuvent être liés.
bobleponge responded on 27 avr 2007 at 3:29 #
Important : aller dans un magasin le ventre plein
Vous éviterez les achats compulsifs à cause de voter estomac.
Shinoli responded on 27 avr 2007 at 3:41 #
“Le plus cher est devant vos yeux”, ce n’est pas forcément vrai. Les produits devants les yeux sont les produits sur lesquels les grandes surfaces prennent le plus de marge. Et les produits “blancs” (de la marque de la grande surface) sont souvent ceux sur lesquels elles réalisent les plus grandes marges.
Benji responded on 27 avr 2007 at 7:37 #
dans mon centre e.leclerc , ma mère trouve 2paquet de nouilles entourés d’un scotch “offre speciale” , 3.20 € , a coté, les mêmes paquets, en vente a l’unitée : 1.52€ !!
Cat responded on 09 mai 2007 at 12:06 #
Excellente observation, un caddie plein d’humour;dommage, ça ne se trouve pas en rayon;
tu as oublié le côté achats en quantité,”moins cher”:48 rouleaux de PQ pour le prix de 46…ça vaut le coup,surtout en période électorale!
la grande surface que j’appréhende le plus:Ikéa…tu y vas pour une lampe(au lieu de l’ampoule),et tu ressors avec,en plus,le saladier, les coussins, la jolie bougie(et son socle zen),la chaise de bureau,la tige de bambou et son vase kitch fait exprès….si tu ne perds pas tes proches!:j’ai dû faire appeller mon mari au haut-parleur,perdus que nous étions…”le petit,non,la grande…attend son mari à l’accueil….tu te caches derriere ta tige de bambou!)
Bertrand responded on 09 mai 2007 at 2:16 #
Génial.. bravo !
Pour moi, il manque une critique : les emballage en quantités toujours plus grandes qui poussent aussi à la consommation : la taille de tous les produits (yaourt, shampoin, lessive) a augmenté… vive l’obésité et la surconsommation ainsi incitées.
Il manque aussi une astuce : repousser systématiquement tout achat important et imprévu à la virée suivante, du genre ” bon okay, je me l’achète, mais la prochaine fois, promis !” Ca freine l’achat impulsif et finalament, la plupart du temps, la fois suivante on a changé d’avis.
isarmel responded on 11 mai 2007 at 7:27 #
Juste un truc : pour le point 5/, ce n’est pas le produit le plus cher qui est en face des yeux, c’est le produit le mieux margé. Ainsi, souvent, ce sont les marques distributeurs qui sont les plus visibles, et souvent, ce ne sont pas les plus chères. Il s’agit juste des mieux margées…
ConseilsMarketing.fr responded on 21 mai 2007 at 10:21 #
Bonjour,
je trouve cet article intéressant et très “frais”, est-ce que je peux le reprendre sur mon site ?
Cdlt
Justin responded on 22 mai 2007 at 8:07 #
Bonjour “ConseilsMarketing”,
pas de problème, à condition de citer la source avec le lien originel.
(je devrais corriger l’article après les remarques d’isarmel et shinoli)
Pat responded on 05 fév 2008 at 9:46 #
J’achète de moins en moins de produits en grande surface car je me suis rendue compte que je trouvais moins cher ailleurs, et surtout des produits de bien meilleure qualité. J’en ai eu assez d’acheter des carottes qui noircissent au bout de 2 jours, des biscuits à l’huile de palme, du pain même bio de piètre qualité.
Les grandes surfaces ont réussi une chose : nous faire croire que les produits y sont meilleur marché. Les légumes sont trop chers, les produits de mercerie aussi et bien d’autres. La multiplicité des produits ménagers sont hyper chers alors que les produits d’entretien basiques (vinaigre blanc, cire, alcool ménager etc.) sont peu coûteux. Il faut s’habituer à mémoriser les prix au kg ou au litre, c’est vrai.
Mais je peux comprendre que faute de temps, on fasse des courses globales sans comparer.
estimateur fou responded on 01 mar 2008 at 2:58 #
Bonjour
Afin de faire face à la multiplication de prix différents selon la localisation dans les centres commerciaux de France, Nicoweb, une jeune structure spécialisée dans l’édition de sites webs dynamiques, a mis en ligne un outil permettant aux consommateurs français de poster des relevés de prix produits.
Ces relevés concernent des produits trouvés dans les centres commerciaux français. Ces relevés contiennent la marque et le nom du produit, le lieu/centre commercial ou a été relevé le prix, le prix relevé (en EUR).
L’outil va permettre à terme de pouvoir calculer des moyennes qui pourront êtes mis en perspective selon la durée, la localisation du relevé, etc
Le site web a été mis en ligne le 29/02/2008 et est accessible pour le moment par l’url http://www.webjax.eu/priceestate/ .
Le site sera prochainement accessible par l’url http://www.priceestate-platform.fr/ (disponibilité dès lundi à priori).
Si vous trouvez cet outil intéressant (fondamental?) dans le cadre de l’objectif qui lui est attribué, n’hésitez pas à nous contacter sur l’adresse email nicoweb.contact@yahoo.fr pour avoir plus de détails.
De même si vous souhaitez faire un sujet sur ce nouveau site web, n’hésitez pas à prendre contact avec nous sur cette même adresse email nicoweb.contact@yahoo.fr .
Vous remerciant pour le temps pris pour traiter cet email, espérant un retour positif sur l’outil présenté.
Consommateurement vôtre